Droits de l’homme: avant le sommet intercoréen, Pyongyang dénonce les critiques américaines

Séoul (AFP) – Pyongyang a jugé « ridicules » les critiques des Etats-Unis sur son bilan en matière de droits de l’homme alors que le tourbillon diplomatique s’intensifie avant des sommets entre Kim Jong Un, Séoul et Washington.

Dernière annonce en date avant la réunion entre M. Kim et le président sud-coréen Moon Jae-in vendredi dans la Zone démilitarisée qui divise la péninsule, le président américain Donald Trump a exigé du Nord qu’il renonce à son arsenal nucléaire tout en présentant son dirigeant comme quelqu’un de « très ouvert » et de « très honorable ».

Séoul a annoncé que M. Moon informerait par téléphone M. Trump des résultats du sommet immédiatement après la rencontre, promettant une « étroite coordination » avec Washington.

Le Nord est accusé de toute une série de violations des droits de l’homme, meurtres extrajudiciaires, actes de torture, répression des dissidents ou enlèvements de ressortissants étrangers.

Dans son rapport annuel 2017 sur les droits de l’homme dans le monde, le département d’Etat américain vient d’accuser le Nord de « violations flagrantes des droits de l’homme », allant des exécutions en place publique à la surveillance généralisée de ses citoyens.

Ces dernières semaines, Pyongyang a fait preuve d’une réserve inhabituelle dans ses critiques contre Séoul et Washington. Au lieu de ses diatribes contre « les impérialistes américains », le Nord, en pleine offensive de charme, s’est borné à critiquer des agissements susceptibles « de refroidir l’atmosphère du dialogue ».

Mais il a dénoncé avec virulence ce rapport « calomniant brutalement » la Corée du Nord.

Pyongyang a également présenté les Etats-Unis comme un « foyer » de violations des droits de l’homme dont la culture des armes à feu est « comme un cancer ».

– Traité de paix? –

Washington s’est autoproclamé « juge des droits de l’homme », a raillé l’agence officielle nord-coréenne KCNA mardi soir.

« Le véritable but (des Etats-Unis) est de désintégrer ces pays qui lui désobéissent et de créer les prétextes pour des pressions et des agressions politiques, militaires et économiques ».

M. Moon devrait chercher vendredi à convaincre M. Kim de renoncer à ses armes nucléaires afin de faire retomber durablement les tensions sur la péninsule.

Les deux hommes pourraient aussi discuter d’un éventuel traité de paix pour mettre formellement un terme à la Guerre de Corée (1950-1953) qui s’était arrêtée sur un armistice, ou encore d’une reprise des réunions de familles divisées par le conflit.

M. Moon a fait savoir au Premier ministre japonais Shinzo Abe qu’il évoquerait également le problème de ses ressortissants enlevés par des agents nord-coréens dans le but de former les espions de Pyongyang, question très sensible à Tokyo.

Selon Séoul, le conseiller à la sécurité nationale de M. Moon Chung Eui-yong a rencontré à Washington son homologue John Bolton.

Les deux conseillers sont convenus d’accorder étroitement leurs violons et ont discuté d’une éventuelle rencontre entre président américain et sud-coréen avant le tête à tête historique annoncé entre Donald Trump et Kim Jong Un.

Les compliments adressés par M. Trump au numéro un nord-coréen tranchent considérablement avec les insultes personnelles qu’il lui réservait encore l’année dernière, quand il le qualifiait « d’homme fusée » et menaçait de déchainer « le feu et la furie » sur la Corée du Nord.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *